L'hôpital de Chamonix va t'il entrer dans le 21e siècle ?Le projet de SROS 2 fait mention de la disparition de la chirurgie sur le site de Chamonix, tout en maintenant un service d'urgence et en faisant l'emphase sur le SMUR montagne. Alors que l'on renforce partout en France les services d'urgence, ce projet laisse ici un site d'accueil autonome, sans recours immédiat au réanimateur ou au chirurgien. Ceci est contraire aux règles de bonne pratique concernant la prise en charge des urgences. Il ne s'agit là que d'un leurre dispendieux qui ne tiendra pas 3 ans. Bref, le SROS 2, s'il est appliqué, provoquera la mort à court terme de l'établissement reconstruit en 1994. En 1991, le Ministre de la Santé autorise la reconstruction, à la condition d'un rapprochement avec l'hôpital de Sallanches. Le Syndicat interhospitalier des Hôpitaux du Mont-Blanc est donc créé. Le but est d'obtenir une synergie des moyens d'accueil et de traitement. Deux projets s'opposent dès le début : la fusion absorption (Projet DRASS) et le partage des tâches (Projet CME Chamonix). D'emblée, notre idée est de réorienter les activités de l'hôpital sur la médecine et la traumatologie de la montagne et du ski, seule vraie raison d'être de l'établissement étant donné sa position géographique et la population traitée. Petit à petit, nous mettons en place ce projet, les points principaux étant : architecture adaptée ; renforcement de la médicalisation du secours et des possibilités d'accueil des urgences ; transfert de la chirurgie viscérale à Sallanches ; création du Département de Médecine et Traumatologie de Montagne (DMTM) ; accueil en stage de nombreux étudiants étrangers ; et pour l'automne 99, disparition de la maternité. Dès 1997-1998 une vraie collaboration s'installe entre les deux sites puisque certains jours, la chirurgie orthopédique n'est plus assurée sur Sallanches et les patients montent se faire opérer à Chamonix (tout comme, à l'inverse, depuis le 1er janvier 97, tous les patients de chirurgie digestive se font opérer à Sallanches). Hélas, lors de l'hiver 98-99, l'hôpital de Sallanches rompt cet accord tacite et assure à nouveau l'accueil d'orthopédie au prix de remplacements coûteux. Au total, en ce début de l'an 2000, l'hôpital, après avoir tenté un échange équilibré, se retrouve déséquilibré. Hors saison, le bassin de population ne suffit pas à remplir le service de chirurgie qui a pourtant à faire face à de vraies urgences traumatiques gravissimes et en saison, les deux chirurgiens s'épuisent à traiter l'afflux de clientèle touristique internationale. L'Administration prône la centralisation. L'avantage de ce système est de regrouper et donc de renforcer les équipes en un seul lieu, au détriment de la proximité. A l'heure actuelle, l'orthopédie se partage sur deux sites : 2 orthopédistes à Chamonix, 1 à Sallanches assisté d'un PAC. Les gardes sont nombreuses, les conditions de travail peu attrayantes, les taux de remplissage des services insuffisants. Notre projet est également de regrouper, mais par spécialité ; pour bénéficier des mêmes avantages sur le plan logistique, tout en maintenant plusieurs accueils de proximité de qualité. Le regroupement sur Chamonix de l'accueil et du traitement des urgences traumatiques et d'orthopédie présente bien des avantages :
Le projet :Chamonix, proche des bases d'hélicoptère et des structures de secours, accueille toute la traumatologie du bassin des Hôpitaux du Mont-Blanc.
Sallanches accueille toutes les autres spécialités.
Les flux :La haute vallée de l'Arve compte 3 établissements où peuvent se répartir les flux de façon harmonieuse : SMUR de montagne à Chamonix, chirurgie osseuse sur Cluses et Chamonix ; chirurgie viscérale sur Cluses et Sallanches ; Maternité 1er niveau sur Sallanches, 2e niveau sur Cluses ; Pédiatrie sur Sallanches ; Médecine de spécialité sur Sallanches ; réanimation sur Sallanches. Moyens d'investigation lourds sur Sallanches. Avec 3 sites d'accueil polyvalents de proximité conformes aux normes de sécurité, car pouvant faire appel à tout moment à un anesthésiste ou un chirurgien présent sur le site. En cas d'urgence chirurgicale vitale, le geste est immédiatement démarré par le chirurgien sur place, rapidement aidé par un collègue de la spécialité nécessaire qui se déplace d'un des autres sites. Au totalSeul ce projet est viable pour Chamonix. Sinon, il faut aller au-delà du SROS 2 et envisager dès à présent le regroupement de l'accueil d'urgence sur le site de Sallanches. C'est une question de sécurité et de fiabilité. Docteur Bernard Marsigny, le 10 mars 2000 |
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PS : La réponse est non !