TRIBUNE LIBRE

"Arrêt de mort pour l'hôpital
de Chamonix"

Alors que les mesures qui scelleront le devenir des Hôpitaux du Mont-Blanc nous parviennent, les membres de l'Association de défense de l'Hôpital de Chamonix, sous la plume de sa présidente, tiennent à rappeler les points suivants :

"Après un an de silence consacré à tenter de stopper le processus de désintégration de l'hôpital de Chamonix, il faut à nouveau tirer la sonnette d'alarme. Rien ne semble pouvoir entraver la mise en place du SROS (schéma régional d'organisation des soins) qui implique l'absorption de l'hôpital de Chamonix au sein des Hôpitaux du Mont-Blanc. Une fusion qui oblige au nom d'une fausse sécurité à la fermeture du bloc opératoire, et donc à la disparition de la chirurgie et de l'anesthésie, après la fermeture de la maternité, il y a deux ans déja.

en les mettant, lors de certaines gardes, en position de responsabilité sur 2 établissements à la fois. Les protocoles mis en place par l'administration ont bon dos car ils ne sont jamais tenus pour responsables ni remis en cause. Si par malheur les secours ne parviennent pas à sauver des vies, nous tiendrons l'administration pour responsable. L'enquète diligentée par le ministère a rendu son verdict. Mr Laurent, directeur des hôpitaux du Mont-Blanc, a reçu de M. Philippe Ritter les directives qui décident de l'avenir de l'hôpital de Chamonix, et les a communiquées aux élus. Laisserons-nous faire sans réagir, anesthésiés que nous paraissons face à une administration qui devrait être à notre écoute et qui ne nous traite que par le mépris ? Il n'y a plus aujourd'hui de promesses qui tiennent, il faut montrer notre détermination, nous ne pouvons pas laisser fermer sans réagir le bloc opératoire, et compromettre ainsi toute l'offre de soins de la haute vallée de l'Arve. Si nous n'y prenons garde, il faudra très bientôt aller jusqu'à Annecy pour trouver un hôpital digne de ce nom, et à ce moment là il sera trop tard pour se battre.

Volga RHEM .

Si l'on nous assure que les urgences resteront ouvertes 24h/24, qui voudra prendre le risque de s'arrêter à Chamonix s'il n'y a plus de chirurgien ni d'anesthésiste ? L'hôpital sera ainsi complètement vidé de tout sens et n'apportera plus à la population, la sécurité sanitaire qu'elle est en droit d'espérer. En favorisant les rivalités, en aggravant les clivages, en maintenant une pression budgétaire qui met les hôpitaux du Mont-Blanc en queue de liste des dotations, et en créant parmi le personnel un climat d'incertitude et d'instabilité, nuisible à la sérénité nécessaire pour accomplir la mission de service public, l'administration a créé une situation malsaine et préjudiciable pour tous. Force est de dire qu'en tant qu'association, nous n'avons pas trouvé d'oreille bienveillante au ministère pour entendre nos revendications. Il semble que les deux délégations qui ont été reçues cet automne, n'aient pas non plus été jugées dignes d'être entendues par le ministre. Force est aussi de constater que la mobilisation n'a pas été suffisamment importante pour que l'administration prenne en compte nos arguments. Reste qu'aujourd'hui, la prise en charge des urgences se trouve dans une situation dramatique. Les règlements ont destabilisé les médecins,
Dauphiné Libéré, décembre 2001