La poudrière du Mont-Blanc

Un 4 étoiles luxe, l'hôpital de Chamonix, dont on dit qu'il s'est reconstruit dans les couloirs de l'Assemblée nationale, à Paris... Malgré la compétence des médecins, bons professionnels et alpinistes chevronnés, la survie de ce magnifique centre de haute montagne n'est pas assurée. Le Dr Marsigny, charismatique chef de service, s'insurge: " Les tutelles veulent remplacer cet hôpital par une ambulance. L'administration de la Santé applique la même stratégie partout quand elle veut supprimer une structure. D'abord on ferme la maternité, puis la chirurgie, après on installe une antenne Smur, et l'établissement se transforme en maison de retraite. Et d'ajouter " Je suis peut-étre véhément, mais mes collègues et moi, nous sommes fatigués de nous battre. " Cet hôpital a été construit autour d'un plateau technique pour traiter
tout serait renvoyé sur Sallanches 28 kilomètres, ce n'est pas si loin, mais ce n'est pas sans poser quelques problèmes structurels. Et que faire d'un site, vitrine internationale du secours en haute montagne, où les étudiants du monde entier viennent en formation ? Les autorités risquent d'avoir quelques difficultés pour parvenir à leur fins. " Nous avons l'impression d'être un furoncle sur le beau visage lisse de la planification sanitaire ", ironise le Dr Marsigny. Un furoncle ou un os... difficile à avaler. Chamonix, haut lieu de villégiature de quelques personnalités, ne laisse pas les politiques indifférents. Et la médiatisation des médecins en place complique encore la tâche des autorités sanitaires. II reste une carte à jouer: la division des hommes sur le terrain. Entre Sallanches et Chamonix, l'air est de plus en plus froid, et pas seulement à cause de l'arrivée de l'hiver! Déjà, en bas, les urgentistes se gaussent de ce CH ubuesque. Conclusion: mission impossible. Attendre l'autodestruction.

Activité
11000 passages en 1999.

L'ARH a dit :
L'Upatou renforcé a été accordé aux hôpitaux du Mont-Blanc avec autorisation d'un Smur et d'une antenne Smur

Service Visité le 10 février 2000

 

les urgences traumatologiques et orthopédiques : bloc opératoire, soins intensifs et hélistation. " A partir du moment où vous fermez la chirurgie, il ne faut plus que les hélicoptères se posent ici. Des urgences sans chirurgie, c'est un cabinet de médecins généralistes. 11 faut appeler un chat un chat. " Argument des tutelles: " La traumatologie de montagne entraîne souvent des pathologies lourdes. Si elles sont traitées dans des petits hôpitaux il y a sans doute des pertes de chance. II vaut mieux un transfert direct et efficace. " En cas de fermeture de Chamonix,

Un pôle de référence à l'étroit...

"A l'avenir, le pôle de référence des urgences de la vallée de l'Arve sera à Sallanches, avec une antenne à la clinique de Cluses qui ne dispose pas encore de vrai service et Chamonix où risque de se développer un véritable défaut de compétence dans l'avenir. Car on ne fait pas de la chirurgie à deux. Ici, nous sommes cinq, c'est une garantie de qualité ", expliquait le Dr Bréchignac lors de notre visite. Aujourd'hui, cette situation reste inchangée. Le destin des urgences de Chamonix reste aléatoire. En cas de fermeture partielle ou définitive, Sallanches devrait absorber l'activité. Une difficulté, au moins au niveau de ses locaux très justes. En projet, un nouveau service bien

plus vaste et équipé de lits-porte. Mais qui ne sera pas opérationnel avant fin 2003.

Activité
18000 passages en 1999 avec 24% d'hospitalisation.

Points forts
Personnel médical et para-

médical au complet. Bon plateau technique. Vraie coopération des spécialistes de l'hôpital avec le service d'urgences.

Points faibles
Locaux exigus. Pas assez de box. Pas de lits-porte.

Prise en charge
Vous avez une douleur dans la poitrine : Premiers gestes aux urgences, Service de cardiologie en soutien. Cardiologue de garde jour et nuit.
Une foulure ou une petite fracture : Réponse 24h/24. La nuit, spécialiste sur appel.
Un enfant qui souffre : Traumatologie prise en charge aux urgences. Les problèmes médicaux sont accueillis directement dans le service de pédiatrie.

Une plaie à l'oeil : Pour les problèmes bénins, prise en charge aux urgences. Un service d'ophtalmologie en soutien.
Une personne âgée en insuffisance respiratoire : Réponse adaptée 24h/24. Un service de réanimation en soutien

Service visité le 10 février 2000

126 - SCIENCES ET AVENIR - SPECIAL URGENCES - FEVRIER 2001