|
Avenir
sombre
pour les urgences |
|||||||||||||||||
![]() |
|||||||||||||||||
| En nommant hier à Chamonix un chef de service unique "urgences - Smur Upatou" pour les Hôpitaux du Mont-Blanc, le conseil d'administration annonce l'imminence du transfert du bloc opératoire de Chamonix vers Sallanches programmé par le schéma régional. La restructuration continue, et l'été va poser la question du fonctionnement des urgences dans la vallée. Turbulences en perspective. | |||||||||||||||||
| Bernard Marsigny, responsable du service des urgences de Chamonix, était, hier, abattu à l'issue du conseil d'administration. | |||||||||||||||||
|
La restructuration des hôpitaux est en marche et du côté de Chamonix on s'inquétait hier de l'imminence du transfert de la chirurgie vers Sallanches comme le prévoit le Schéma régional d'Organisation sanitaire (Sros). Un transfert synonyme d'arrêt de mort des urgences à Chamonix, selon Bernard Marsigny, reponsable pour quelque temps encore du service chamoniard. Le personnel et les habitants de la vallée sentaient l'étau se resserrer et avait l'impression d'assister inexorablement au désossement de leur hôpital depuis la fermeture de la maternité en novembre 1999. Du côté de l'Association de défense de l'hôpital, on redoutait ce mois de juin. "Qu'est-ce qu'on va faire de la médecine dans la mesure où il n'y a plus d'urgences ?" s'insurge la présidente, Volga Rhem. D'autant que, pour l'instant, les élus n'ont pas trouvé de solution alternative pour l'hôpital de Chamonix. Vue l'intense activité du secours en montagne dans le massif, cette inquiétude enfle à mesure que l'été approche et que les mesures du Sros se mettent en place. Et la tenue, hier, d'un conseil d'administration |
|||||||||||||||||
|
dans un comité de pilotage. Frison-Roche et Rébuffat doivent se retourner dans leur tombe " Cette décision laisse bien des questions en suspens. Quand ce service unique va-t-il entrer en vigueur ? Comment les urgences chamoniardes vont-elles fonctionner dans un proche avenir ? Quelle procédure de transfert en cas d'accident en montagne ? On aurait aimé que Daniel Laurent, secrétaire général des Hôpitaux du Mont?Blanc, daigne nous répondre sur ces questions. Bien nerveux, hier, à la sortie du conseil d'administration, celui qui ne fait ni plus, ni moins, qu'appliquer le Sros, le schéma déterminé par l'administration hospitalière (ARH), s'est refusé à tout commentaire. Une chose est sûre ; on va entrer dans une période de turbulences. "Dans la période transitoire qui s'annonce, je ne prendrai aucun risque" estime Bernard Marsigny. Bref, en fonction des moyens dont dispose l'hôpital de Chamonix, on voit mal comment les urgences vont pouvoir fonctionner, certains jours, si les médecins chamoniards respectent à la lettre le règlement. Consternation Du côté des élus de la vallée de Chamonix, c'était la consternation, hier. "C'est la mort programmée de l'hôpital" estimait Patrick Dole, le maire des Houches, qui semblait également pessimiste sur le service de médecine de l'établissement chamoniard. "Que peut-on faire contre l'État ?" se demandaient les membres de !'Association de défense de l'hôpital, qui accusaient le coup. Représentant les élus de Chamonix, Geneviève Payot affichait le même désarroi. La restructuration, voulue par l'administration, dans un souci de rationalisation des soins, semble inéluctable et du côté des élus de la vallée, on s'interrogeait sur l'opportunité de jouer l'obstruction en menaçant de de sortir du syndicat hospitalier. Même si cela contribuait à retarder les échéances, le compte à rebours est enclenché, et l'administration est déterminée à aller jusqu'au bout. Antoine CHANDELLIER |
|||||||||||||||||
|
des Hôpitaux du Mont-Blanc, n'était pas pour apaiser les esprits du côté des médecins chamoniards D'autant tant que ce conseil d'adminisration, présidé par Georges Morand, le maire de Sallanches, se réunissait à Chamonix pour donner un avis consultatif sur la nomination d'un chef unique sur les secteurs du Mont-Blanc pour un service intitulé urgences - Smur - Upatou, basé à Sallanches. Un vote lourd de conséquences pour l'hôpital de Chamonix, puisqu'il s'agit ni plus, ni moins, que "satelliser", à court terme, les urgences chamoniardes. Par douze voix contre six et deux abstentations, et en l'absence de Michel Charlet, le maire de Chamonix, le D' Bréchignac, chef des urgences de Sallanches; a été nommé à ce poste. Cette nomination doit être validée par le ministère. "A l'avenir, le pôle de référence des urgences de la vallée de l'Arve sera à Sallanches, avec une antenne à la clinique de Cluses, qui ne dispose pas encore de vrai service, et à Chamonix, où risque de se développer un véritable défaut de compétence dans l'avenir. Car on ne fait pas de la chirurgie à deux. Ici, nous sommes cinq, c'est |
une garantie de qualité" déclarait le D' Bréchignac à notre confrère "Sciences et Avenir" en février dernier. Il n'en faut pas plus pour imaginer le rôle dévolu aux urgences chamoniardes très bientôt... "Hors du cadre... " "Pourquoi l'avenir de l'urgence des Hôpitaux du Mont-Blanc passerait-il forcément par la disparition de l'un des deux responsables, qui, de de chaque côté, se sont personnellement investis ?" s'indigne Bernard Marsigny. Il encaisse mal ce qu'il considère comme un coup dur pour les urgences de Chamonix, lui qui s'investissait depuis quatorze ans pour faire fonctionner ce service et qui croyait tant à une fédération entre Chamonix et Sallanches. "Je suis fier de m'être battu pour un idéal et un projet d'élégance : l'hôpital de la montagne. Mais depuis toujours, l'administration a refusé ce concept, et inculquait l'idée fausse que Sallanches était menacé et ne pourrait survivre qu'en absorbant Chamonix. Je prétends, moi, que les Hôpitaux. du Mont-Blanc sont plus forts à deux, en respectant et en associant les énergies de chacun. Mais voilà, c'est hors du cadre ; il faut mettre le massif du Mont-Blanc |
||||||||||||||||
![]() |
|||||||||||||||||
| Quel fonctionnement pour les urgences chamoniardes ? | |||||||||||||||||
Dauphiné Libéré, juin 2001